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3 questions à Lénaïck Hémery, directrice de la communication du festival Photoreporter

4 octobre 2017

Photoreporter est un festival regroupant des reportages photographiques existant depuis six ans. Cette année, l’exposition s’intitule unRest, signifiant « sans répit ». Eclairez-nous.

– « UnRest correspond à l’état d’incertitude et de renouveau qui anime le monde actuel : crises économiques et politiques, changement climatique… Autant de bouleversements qui nous concernent tous et nous font nous questionner sur notre avenir et où se nichent des opportunités de renouveau, de transformation, d’extraordinaires alternatives menées par celles et ceux qui refusent une telle destinée. Du chaos émergent des initiatives qui inspirent, donnent un nouvel élan optimiste pour vivre dans un monde plus « vivable » que celui imposé. Les reportages de l’édition 2017 racontent les histoires d’individus qui se (sou)lèvent à travers le monde. »

Une des ambitions de Photoreporter est de contribuer à la diversification du mode de financement des photoreportages, avec un fonds mixte. Comment la baisse des dotations d’État aux collectivités affecte-t-elle la part publique du financement du festival?

– « Cela nous oblige en effet à revoir certaines dépenses ou certaines ambitions de monstration à la baisse. Par exemple, les frais d’exposition sur des tirages monumentaux en extérieur n’entraient pas dans notre budget. Nous aurons néanmoins une proposition d’expos à l’extérieur, mais d’une scénographie plus modeste. Le fonds de dotation qui finance la production des photoreportages n’a, selon ses statuts, pas la capacité de financer l’événement. Avec le tissu économique, qui nous aide déjà beaucoup, nous devons jouer la carte de la collaboration gagnant-gagnant. Plus le festival rayonne, plus le territoire où sont implantées ces entreprises gagne en notoriété. Tous sont très fiers de permettre à 2500 écoliers de bénéficier de médiations scolaires sur des sujets forts et qui sont repris dans les programmes par certains instituteurs et professeurs. »

Quelques photographes ont déjà exposé plusieurs fois. Le festival cherche-t-il à apporter un soutien dans la durée à certains? Ou bien y a-t-il une autre raison?

– « Depuis le début, nous avons suivi en effet le travail de photoreporters qui nous soutiennent dans notre démarche. Ils ne consomment pas le festival, ils en sont les ambassadeurs; c’est par exemple le cas avec Gaël Turine qui avait présenté en 2012 un reportage sur le mur érigé entre l’Inde et le Bangladesh. Cette année, il propose de nouveau une série photographique sur un mur, à Lima au Pérou, qui sépare les pauvres des plus fortunés. Ces logiques de rupture, de séparation, de repli sur soi s’amplifient sans qu’on prenne le temps de se questionner sur ces signaux faibles envoyés à notre société moderne. Le mur protège-t-il ou est-il le terreau de la haine et de la violence? Quant à Kosuke Okahara, il nous avait montré l’Abkhazie, près de la Géorgie, territoire oublié et, cette année, il nous montrera l’île d’Okinawa au Japon, dont les habitants sont oubliés sous la domination des forces armées américaines présentes. »

Propos recueillis par Mikael Faujour

Le Festival Photoreporter se tiendra du 7 octobre au 5 novembre 2017 dans la baie de Saint-Brieuc.

 

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