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Jean-Hervé Guilcher, responsable syndical à France 3 : « Que veut l’Etat pour la télé publique ? « 

6 février 2018

Jean-Hervé Guilcher, journaliste à Brest et secrétaire du Comité d’entreprise de France 3 (pôle nord-ouest), 48 ans, donne son point de vue sur la situation de France 3 et le débat sur l’audiovisuel public, relancé par le chef de l’Etat. Selon le responsable syndical, les rédactions de France 3 vivent « un rétrécissement ».
« La sortie d’Emmanuel Macron sur l’audiovisuel public, « honte de la République », a jeté un froid. A chaque alternance, le pouvoir politique s’intéresse à la télévision publique, on rebat les cartes, mais pour quel projet ? Depuis 2012 (suppression de la publicité après 20 h, fusion des entreprises dans France Télévisions), le pôle nord-ouest de France a diminué ses effectifs de 50 postes ETP (équivalent temps plein). Cela veut dire que des gens absents sont très peu remplacés et que la préparation des sujets est souvent réduite.

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, suggère de faire des groupements d’intérêt économique rassemblant France 3, France bleu, les TV locales, et la presse régionale. On peut imaginer une plate-forme numérique France 3 avec Bleu, et avec l’INA, pourquoi pas ? Mais faire travailler l’audiovisuel public avec des institutions privées a-t-il du sens ?
En revanche, le contrat d’objectif signé avec les régions a sa logique : cela a été le cas en Bretagne pour un certain volume de documentaires. De son côté, la région Nouvelle Aquitaine va lancer une chaîne accessible grâce aux Box internet.

Nous nous sommes opposés à la suppression envisagée de l’édition locale de France 3 Iroise, car elle faisait absorber l’info locale finistérienne par l’échelon régional. Si la rédaction en chef est à Brest, les décisions sont prises à Brest. Si le pilote est à Rennes, on éloigne le centre de décision.

Le rétrécissement, d’abord économique, que nous vivons entraîne une réduction des programmes réellement réalisés en région. La volonté affichée de renforcer les programmes régionaux amène à « colorer » certains créneaux sans que les sujets soient vraiment faits ici. Car l’objectif est bien de réduire les effectifs.  »

 

Paul Goupil

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