Club de la Presse de Bretagne

La maison des journalistes et des professionnels de la communication de bretagne


Trois questions à Guénaëlle Théaud de la revue Il(e)s

15 juin 2018

Lancée il y a un an, la revue semestrielle Il(e)s sort son troisième numéro en ce mois de juin. Un ouvrage qui propose différents regards de photo journalisme sur les îles du Ponant. A découvrir lors d’un petit dej au Club de la Presse vendredi 15 juin avec ses trois fondateurs.

Comment est née cette aventure éditoriale ?
Guénaëlle Théaud : Par une rencontre entre Jean-Benoît Beven, créateur du festival Insulaires, Xavier Dubois photographe et moi, qui en y allant en reportage, noue de belles amitiés sur les îles depuis une vingtaine d’années. Les îles du Ponant vont de l’archipel de Chausey (au large de Granville) à l’île d’Aix (au sud de la Rochelle), elles incarnent une belle diversité, toutes avec de fortes identités, des populations et des paysages différents. Toutes partagent l’insularité, un mode de vie que nous souhaitons valoriser parce qu’il repose sur la solidarité.

Quels regards propose-t-elle sur la vie insulaire?
G T : Notre propos est très éloigné des images cartes postales qui sont véhiculées. Nous voulons prendre le temps de raconter les territoires insulaires, à toutes les saisons, à travers la vie quotidienne de leurs habitants. Nous cherchons à comprendre comment la vie s’organise sur les îles, comment les problèmes trouvent leurs solutions, de l’agriculture à Belle-île à l’adolescence à Batz. Ces images racontent aussi des savoir-faire, comme la verrerie à Bréhat, les vendanges à Aix, la pêche d’ormeaux à Molène. On propose aussi des portraits, l’instituteur, le médecin, le curé. Plusieurs photographes y partent en reportage, ils observent et tentent de se fondre dans l’ambiance d’un lieu. L’enjeu pour eux est de réussir leur immersion. Découvrir une île c’est regarder partir le dernier bateau du soir !

Votre revue n’est pas un magazine mais plutôt un livre, quel est le modèle économique?
G T : C’est de l’auto-édition, nous n’avons aucune publicité et ne percevons aucune subvention. Nous tirons à 3000 exemplaires et distribuons la revue essentiellement dans les librairies, maisons de la presse ou espaces culturels (250 dépôts en Bretagne, 12 libraires à Paris). Nous sommes bénévoles mais nous rémunérons les photographes, ce qui justifie son prix (14,5 €). Nous l’avons conçu comme un beau livre que l’on garde, que l’on offre, que l’on aime toucher. Sur 210 pages, il y a seulement trois doubles pages de texte. Le langage est la photo reportage, dont un sujet d’archive pour avoir la dimension de l’histoire. Le retour des insulaires est positif, ils en sont fiers.

Propos recueillis par Marguerite Castel

Réseaux sociaux
© Club de la Presse - Mentions légales