Bertrand Rault, délégué régional de France 3 Bretagne

« Une vraie régionalisation, c’est pour quand? » Coup de fil à Bertrand Rault, délégué régional de France 3  Bretagne, pour évoquer la rentrée et les projets de la télé régionale de service public.

A trois mois des régionales, un message aux politiques?

-« Dans un contexte budgétaire tendu, le service public doit faire des choix. Nous, France 3, devons être résolument la chaîne des territoires. Si personne n’occupe ce créneau, ce n’est pas Google qui le fera. Cela suppose l’ouverture de créneaux et le rééquilibrage des moyens. La décentralisation n’est toujours pas faite. 94% de la masse salariale est encore dépensée à Paris. Les politiques parlent de régionalisation, mais pour le service public, les intentions ne sont pas suivies d’effet. Trois rapports ont montré l’importance de cette dimension régionale, il faut passer aux actes.
Justement, comment allez-vous animer le débat avant le scrutin de décembre?
-« Nos émissions du samedi matin vont s’y consacrer, et un 52′ élargira la réflexion sur les enjeux. Nous interrogerons les candidats, notamment sur cette question simple: êtes-vous pour ou contre une assemblée unique, regroupant les départements? Le politologue Romain Pasquier sera notre expert, et nous aurons un grand débat entre les deux tours. Par ailleurs, nous avons co-produit un documentaire « Bretagne, un drapeau, deux couleurs », qui décrypte les relations entre la Bretagne de l’ouest, où les codes régionaux (langue, culture, paysages) sont plus marqués et la Bretagne de l’est où se concentre la croissance démographique et économique. Moi qui suis un Breton pur jus, issu du centre-Bretagne, je suis passionné par ces questions d’aménagement du territoire,et France 3 est là pour qu’on y réfléchisse. »
Au fond, on peut résumer ainsi: c’est dur, mais ça marche?…
-« Notre journal du soir tourne autour de 21% de part d’audience (250.000 téléspectateurs). Nos documentaires ont une vraie identité. Trois exemples: « Cousin comme cochon »,sur un des piliers de l’agro- alimentaire. A St Brieuc, des lycéens qui ont cherché la trace de lycéens, des années 40, briochins comme eux et engagés dans la Résistance. Enfin la scène musicale rennaise des années 80  et la naissance des Trans, retracée dans « Rock n’ Rennes ».  Nous devons aussi poursuivre notre mutation à l’heure du numérique. »
Propos recueillis par Paul Goupil