Paul Vancassel, président de Photo à l'Ouest

affichenueip2015Pour sa neuvième année, le festival  L’Image publique (5 au 31 octobre Rennes et Métropole) propose une diversité de travaux photographiques qui dialoguent avec d’autres arts (peinture, musique, danse, BD, arts graphiques). Une dizaine de lieux exposent ces photos, à Rennes et dans quatre communes proches (Cesson, Thorigné, Acigné et St Grégoire). Trois soirées de spectacle vivant, trois séances de cinéma, et trois débats publics porteront la marque de Photo à l’Ouest, qui veut tracer des croisements entre les arts.
Des coups de cœur?
« S’il faut choisir….Les soirées des 17 et 27 octobre, où photo et danse japonaise seront associées d’une part, photo et musique inspirées par le Mississippi, d’autre part. Le travail de François et Emmanuel Lepage, qui unissent BD et photo pour raconter une expédition de l’Antarctique. Et la sélection du fonds photographique de l’artothèque de Vitré, une mine! »
Vous êtes habitués à ces échanges?
« Depuis 2007, nous travaillons avec des villes (St Malo, Nantes, Le Mans , Dol, La Gacilly…) pour relier les artistes, créer un réseau sans vouloir diriger le mouvement. L’idée, c’est de valoriser les photographes de la région, ceux qui émergent, qui ont un regard construit. En même temps, nous sommes ouverts au grand public: « Apportez vos photos, on en discutera »…Et nous voulons créer du débat, comme sur la question du droit à l’image.
Avec l’Image publique, nous mettons l’accent sur l’explication de la démarche des photographes,  les mécanismes à l’origine des images, Beaucoup pensent qu’avec un iPhone, on devient tous photographes. Derrière le regard, il y a une inspiration nourrie de littérature, de la vie en société, de musiques. Nous obligeons les photographes à dire ce qui les anime, pour qu’on les comprenne mieux. Car ils sont des spécialistes de l’image: trouver un angle, ce n’est pas seulement appuyer sur un bouton. On leur demande une petite vidéo qui permet d’entrer dans leur démarche. »
Comment travaillez-vous avec les villes ou responsables culturels?
 » Nous croisons leurs programmes et nos propositions. On écoute, on discute et on voit ce qu’on pourrait faire ensemble. Aider les jeunes auteurs, permettre à des professionnels de cultiver leur jardin secret, ce qu’ils aiment et ne trouvent pas de lieu pour exposer. Mais aussi aller dans des quartiers où des associations vont permettre aux photographes de découvrir une partie de la ville, guidés par des habitants.
En bref, nous voulons être un carrefour avec une diversité qui peut surprendre, au-delà des chapelles inévitables, permettre à des gens isolés d’apparaître, avec les choses intéressantes qu’ils créent dans leur coin.
« Octobre est en train de devenir le mois des arts visuels dans la métropole. »
Voir le site: photoalouest.com
Propos recueillis par Paul Goupil