Cinq ans d'Histoires ordinaires: l'histoire d'un webmagazine

histoire ordinaireDimanche 13 mars, l’équipe d’Histoires ordinaires, le webmagazine rennais, fêtera ses cinq ans, à la Maison internationale, quai Chateaubriand. Michel Rouger, le fondateur, ancien grand reporter à Ouest-France, retrace le chemin parcouru par cette équipe engagée et passionnée.

Votre idée, en 2010, c’était quoi?

-« Au départ, nous étions huit: quatre journalistes, dont deux avec compétences images et net, et quatre amateurs attentifs aux exigences journalistiques. Nous voulions raconter des histoires humaines, individuelles ou collectives, où apparaîtrait une énergie, de la créativité, de la solidarité. On voulait donner la parole à des acteurs méconnus de la société civile, dont l’engagement est une réponse locale au sentiment d’impuissance qu’éprouvent beaucoup de citoyens. Faire de l’info ainsi, c’est essayer de rompre avec la pensée unique, les discours défaitistes. Pour cette forme de journalisme, la meilleure question à poser est: pourquoi fais-tu ça, toi qui agis ou crées? Ainsi, on sort de la superficialité: cela a été le moteur des 300 portraits que nous avons publiés. Une moitié venait de Bretagne, l’autre d’autres régions et du monde. »

Vous travaillez avec quels moyens?

-« Essentiellement avec les adhésions (une centaine), les dons et depuis 2013, la publication de livres ciblés, 6 jusqu’ici, qui atteignent un autre public que le net. Ainsi « Des chercheurs d’emploi se racontent », ou le recueil sur les femmes qui ont compté à Rennes, « Rennaises ». Nous sommes particulièrement fiers de « Parfum de victoire », un livre et un DVD qui évoquent la capacité de personnes handicapées à avoir et élever un enfant, dans une société encore chargée de tabous. Ce projet était né de la rencontre entre une jeune maman aveugle, désireuse d’avoir un enfant, et une collaboratrice du magazine. »

Quel bilan, au total?

« Notre équipe est passée à dix, dont quatre professionnels. 45 auteurs différents ont écrit pour nous, dont une vingtaine de lecteurs.L’écriture peut être différente, mais tous sont informés des techniques utilisées,
en particulier sur le net : le MOOC de Rue 89 est intéressant comme base de travail. Fierté encore de voir sur le net que lorsque l’on cherche un portrait de la Rennaise Anne Cognet, ou de l’animateur du Méné, Paul Houée, ce sont leurs portraits dans Histoires ordinaires qui apparaissent d’abord. Sur le fond, les rencontres que nous avons faites depuis cinq ans confirment l’écart grandissant entre le système politique et la société civile, qui crée des solutions alternatives concrètement. »
Dimanche 13 mars, à 15h30 à la MIR, le comédien Jean-Luc Bansard lira des contes humoristiques de Palestine. Ensuite la rédaction présentera
son travail des cinq ans passés.
Contact: redaction@histoiresordinaires.fr

 

Propos recueillis par Paul Goupil