Retour sur … course au large : des records médiatiques

Skipper, journaliste, sponsor, communicant… quelle place a chacun ?

Vous pouvez retrouvez l’intégralité de cette conférence, ci-dessus, grâce à Ronan Loup, le cinéaste de cet échange.

L’objectif de la conférence Course au large : des records médiatiques, organisée le 10 mai par le groupe Finistère du Club de la Presse de Bretagne, était de décrire le traitement médiatique des grandes courses océaniques et de la voile et de son évolution.

Animé par Marguerite Castel, journaliste indépendante et administratrice au Club de la Presse, ce débat réunissait les navigateurs Bernard Stamm (équipage Idec de Francis Joyon) et Gildas Morvan (Solitaire du Figaro) ; le photographe indépendant Bernard Le Bars (l’Equipe, VSD), les journalistes spécialisés en voile Pierre-Yves Lautrou (Ship et Gilbert Dréan, ainsi que François Quiviger, responsable du pôle voile au sein de l’agence de communication Rivacom.

A l’ère du numérique et de l’info en continu, quelle place occupent les journalistes, les skippers, les sponsors, les communicants dans le récit de la course au large ? La saison 2016-2017 a été riche de records avec trois événements qui nous ont fait rêver large.

Le Vendée Globe a connu un engouement et des retombées médiatiques sans précédent avec une couverture en forte hausse, notamment celle de BFM-TV en direct au départ et à l’arrivée d’Armel Le Cléac’h qui a remporté le 8e Vendée Globe (74 jours).

Quelques chiffres des retombées du Vendée Globe : 45 000 sujets, articles et messages ont été recensés.
Leur répartition par média : TV 36%, presse écrite 22%, Web 19%, médias sociaux 15%, radio 8%.
Les diffusions vidéo : 1 274 heures avec 33 chaînes TV pour le Direct départ et 650 sites internet accrédités.

2016-2017 ont également été marqués à Brest par l’arrivée de Thomas Coville qui a pulvérisé le record du tour du monde en solitaire (49 jours) et de Francis Joyon, qui a battu le record du tour du monde en équipage (trophée Jules-Verne en 40 jours).

Plusieurs points ont été soulignés. Même si la course au large induit de nombreuses et importantes retombées médiatiques pour la plus grande satisfaction des sponsors, ce sport offre encore une grande liberté à l’ensemble de ses acteurs.

La comparaison avec le monde du football a souvent été évoquée :
– Les événements de course au large restent libres de droit, il n’y a pas d’exclusivité de chaîne de TV. Les images diffusées par les agences de communication sont ouvertes à tous.
– Les skippers sont encore accessibles directement pour les journalistes, qui les connaissent bien et qui possèdent leur « 06 », ce qui n’est pas du tout le cas dans le football où les communicants fournissent les éléments de langage. Toutefois, les journalistes déplorent être moins bien placés que les communicants et les sponsors pour faire des images ou recueillir des interviews à chaud lors des départs et des arrivées. Cette tendance s’accentue.

– Les skippers, qui sont désormais censés communiquer pendant toute la durée de la course à partir de leur bateau, restent libres de le faire ou de ne pas le faire. Vainqueur du dernier Vendée, Armel Le Cléac’h s’est très peu exprimé.

Paradoxalement, malgré les retombées médiatiques d’un Vendée Globe ou d’une Route du Rhum, les intervenants ont constaté le peu d’intérêt des grands médias pour la course au large, les journalistes expliquant qu’il fallait se battre pour faire passer leurs articles. Si Thomas Coville a fait la Une de l’Equipe, et de beaux papiers c’est aussi parce qu’il est arrivé pendant la trêve de Noël : il n’y avait pas d’actualité football. Mais en dehors de ces célèbres courses et des grands records, l’univers de la voile reste compliqué pour les journalistes non spécialisés et peu populaire. En France, seul Le Télégramme traite le sujet quotidiennement.

Cette conférence était la cinquième proposée par le groupe Finistère du Club de la presse de Bretagne.