Des journalistes d’Ouest-France racontent leur quotidien « bouleversé »

Dans ce contexte très particulier de confinement, le Club de la Presse souhaite mettre en accès libre le contenu de sa newsletter, La UNE, habituellement réservé à ses adhérents.

Le 26 mars, la rédaction d’Ouest-France en Loire-Atlantique a raconté, dans le journal, son vécu depuis le confinement. « Moi qui ne jure que par le terrain, me voilà reporter téléphonique », résume Philippe Ridou, localier à Châteaubriant. « La poignée de main, elle a disparu », regrette Jean-François Martin, reporter à Nantes. « Or, c’est elle, et le premier regard, qui engage ce qui va se nouer avec notre interlocuteur. » Reste le téléphone. « Dans les voix, il peut y avoir des sourires, des sanglots, mais il n’y a pas ces regards qui se croisent, qui parlent, et les non-dits ». Véronique Escolano ajoute : « C’est étrange de parler aux gens de loin. C’est garder une distance, alors que le journalisme requiert proximité et mise en confiance ».

« Les réunions de rédaction autour d’un café ont laissé la place aux « conf call » audio ou vidéos, groupe WhatsApp. Chaque jour, le journal propose une édition départementale et le site suit l’actu du confinement avec conseils, bons plans et exemples d’entraide.

Tendre l’oreille est important pour saisir les détresses et les solidarités, les émotions aussi. »Quand on nous dit au téléphone « Excusez-moi si je suis interrompu, car j’ai la garde de mes enfants », on comprend d’autant mieux que ça peut nous arriver », dit Claire Dubois. « Plus que jamais, il faut accepter les blancs dans les échanges téléphoniques, prendre le temps. »