D'ici , un nouveau magazine de reportage photos, entretien avec Gaël Cloarec

Un nouveau magazine de photo est sur le point d’être lancé grâce à une souscription. Des photographes, notamment bretons, y poseront leur regard pour raconter la Bretagne contemporaine. Gaël Cloarec, 44 ans, l’un des deux photographes à l’origine du projet, le présente.

Vous êtes deux photographes qui lancez ce magazine, quelle est la genèse de ce projet?
– « Nous sommes établis dans les Côtes-d’Armor. Fabrice Picard fait partie de l’agence Vu, il travaille avec la presse nationale et dirige une agence de communication. Je suis freelance, distribué par l’agence Andia à Rennes. Je fais du reportage en France et à l’étranger. C’est compliqué de vivre de notre métier. Et puis, l’étranger, c’est bien mais autour de nous, il y a un vivier, sous-documenté ou soumis aux clichés: la Bretagne. L’agriculture, le social, l’évolution des pays, tout cela mérite d’être traité. Nous illustrons des articles de journaux, mais quand est-ce que la photo détermine le regard?

Justement, en quoi serez-vous originaux?
– « Notre revue sera semestrielle. 120 pages format 21/25, un thème majeur par numéro. Pour le premier, ce sera l’énergie en Bretagne, avec des reportages à Sein où des citoyens se sont mobilisés pour une énergie locale, propre et durable (mer, vent, soleil). Nous montrerons aussi des orpailleurs, ce qui est peu connu. A côté de ce thème, des portraits, et des reportages apporteront un autre regard, des écritures différentes. Alors que les réseaux sociaux tirent souvent vers le bas, nous voulons valoriser notre métier, comme façon de raconter le monde, comme art aussi. »

Que dites-vous à vos collègues photographes?
– « Welcome! Le magazine vivra avec l’apport de tous ceux qui s’intéressent à la Bretagne d’aujourd’hui. Saisissez cette opportunité de la montrer avec votre talent, votre regard, de manière longue et soignée. C’est par exemple le cas de Charles Fréger, auteur de la série « Bretonnes » – 61 portraits de jeunes femmes appartenant à des cercles celtiques – nous a déjà dit oui. Il a cette exigence que nous voulons partager. »

Recueilli par Paul Goupil