Échangeons, partageons

Dans ce contexte très particulier de confinement, le Club de la Presse souhaite mettre en accès libre le contenu de sa newsletter, La UNE, habituellement réservé à ses adhérents.

« Les idées, elles, ne sont pas confinées ! » Cette heureuse formule d’une consœur brestoise, active au sein du Club, nous voulons la faire vivre grâce à cette newsletter, grâce aussi au groupe de discussion ouvert pour les adhérents sur WhatsApp. Depuis le 17 mars, et l’annonce du confinement par le gouvernement, notre quotidien – professionnel et personnel – a changé. Après les responsables de médias régionaux, ainsi que les pigistes, nous donnons la parole cette semaine aux professionnel.le.s de la communication, pour qui le télétravail s’est imposé, la présence physique dans les bureaux étant réduite au strict minimum.

Olivier Barraud, Directeur Conseil du bureau rennais de l’agence Rivacom : « Déjà, penser à l’après »

« Avec deux sièges, Rennes et Brest, le groupe compte 60 salariés et regroupe plusieurs activités : une agence de communication, Rivacom Events et deux agences spécialisées dans l’événementiel. Dès le 13 mars, la direction a organisé le télétravail et les priorités pour que chacun soit prêt au moment des restrictions. Nous devions rester sereins pour accompagner des clients parfois en arrêt ou en état de désorganisation. Nous travaillons, par exemple, avec le secteur de la santé, l’agro-alimentaire, ou des centres commerciaux. Leur besoin de communiquer, notamment en conseil et RP, est évident. La période nous permet de faire de l’analyse stratégique sur des sujets communs à plusieurs clients. Selon les métiers de l’agence, l’impact est différent. Pas de difficulté avec les réseaux sociaux, mais une obligation d’adaptation pour la vidéo avec la création d’une nouvelle offre. La com de crise est, elle, en plein développement et nos demandes de formation seront honorées en fin de confinement. Déjà, il faut penser à l’après : certaines entreprises auront du mal à repartir, d’autres vont faire le dos rond un certain temps. Il y a de vraies craintes pour l’après-crise. L’été sera court, avec une concentration d’événements d’ici la fin de l’année. Mais tout ne peut pas être reporté. « Penser à l’après veut dire réfléchir avec le client : qu’est-ce qui vaut d’être promu pour la suite ? Certains ont peur de mettre en avant leurs priorités, leurs valeurs. Qu’est-ce qui fait sens, en interne et en externe ? A nous d’aider le client à le dire. »

Arnaud Louvet, directeur de l’agence Voyelle : « Nous vivons avec une incertitude à haute fréquence »

Créée en 2006, près de Rennes, l’agence Voyelle compte dix-huit salariés. Elle accompagne les entreprises dans la révolution digitale, avec un souci particulier que présente Arnaud Louvet, son directeur : « Nous voulons que les hommes et les femmes soient acteurs de cette révolution, qu’ils.elles s’approprient les outils. Faire confiance aux gens, laisser la place aux émotions, c’est ce qui nous différencie. Notre centre de formation est fermé, mais nous assurons la formation à distance, pour des salariés ou des demandeurs d’emploi, dans un climat particulier. Pour les jeunes parents avec enfants, c’est compliqué de se former. Le e-tourisme a arrêté les campagnes, l’événementiel aussi. Mais on ne peut pas tout reporter : ce qui sera perdu à Pâques le sera peut-être définitivement. L’hôtellerie de plein air, les parcs de loisirs par exemple, vivent des moments difficiles. Le télétravail oblige à réfléchir, à penser en terme de famille, à évaluer notre mode vie, à bouger le management. On ne peut plus tout contrôler et ça marche quand même ! La confiance est un élément-clé. L’inquiétude est légitime, car nous vivons avec une incertitude à haute fréquence. Chacun recherche ses marques, il peut en sortir du nouveau intéressant ».

Les communicants indépendants : prêts pour la reprise

« On traverse une période à la fois de calme et de flou, avec beaucoup d’incertitudes sur l’annulation ou non des événements à venir », explique Florence Beauvois, conseillère en communication. « Je travaille sur les dossiers de fond pour être prête pour la reprise. Je me consacre à mes activités bénévoles (le Club de la Presse, Femmes de Bretagne…), j’utilise les réseaux sociaux pour donner mes cours en école de communication. Comme j’ai toujours géré ma trésorerie comme une entreprise, je tiens le coup pour le moment ».

« Evidemment les contacts avec les proches, avec le collectif de la Distillerie dont je partage les bureaux, me manquent, reconnaît Nathalie Jouan, conseillère en relations publics et médias. « Il a fallu que je m’organise pour concilier ma vie de famille et continuer à travailler. Mais les outils technologiques sont là pour maintenir le lien. Si les événements culturels (comme Jardin des Arts) sont pour l’instant suspendus, que les assemblées générales sont annulées, je continue à répondre aux sollicitations des journalistes et à préparer les dossiers pour la suite ».

« Le confinement ne change rien au rythme et aux méthodes de travail : les réunions se font à distance », explique Heidi Vincent, conseillère en stratégie et communication auprès d’entreprises industrielles et d’institutionnels. « Moins sollicités au quotidien, mes clients se concentrent sur les sujets de fond. La notion de stratégie reprend tout son sens et j’ai même davantage de demandes qu’en temps ordinaire car les entreprises se posent plus de questions ».