Des histoires, de la proximité: les clés de la presse hebdomadaire 

Elle a présidé pendant 18 ans l’Association de la Presse Hebdomadaire d’Information de Bretagne (APHIB): 23 titres dans la Bretagne historique, et 5 en Pays de Loire, 1.300.000 lecteurs. Martine Cameau a passé le relais à Bernard Rubin et elle est aujourd’hui présidente d’honneur de l’APHIB et nous donne les clés d’un ancrage qui dure.

photo-martine-cameau– Comme chaque année, le Prix Pleven a récompensé trois 
journalistes d’hebdos. Votre regard sur leur travail?
 » Le premier prix est allé à Nathalie Bot-Jaffray (La Presse d’Armor). Elle décrit, avec un vrai sens du détail et sans faire la leçon, le choix généreux d’une femme qui héberge un réfugié originaire d’Azerbaïdjan. Le second, Helen Herault (Le Penthièvre), fait vivre la passion d’un boucher qui sélectionne ses bêtes dans les fermes. L’amour d’un métier, bien raconté. Enfin, François Le Du (Le Poher) a construit un vrai dossier sur la difficile relève des dentistes en Centre-Bretagne. Situation, diagnostics, solutions sont clairement exposés. On y trouve une dimension d’alerte qui fait partie de notre métier. »

Quelles qualités pour travailler dans un hebdo?
« D’abord, aimer les gens, le contact. L’une des récompensées au Prix Pleven a dit : »On n’est pas dans cette presse par hasard. C’est un engagement, un goût pour l’immersion, la compréhension des problèmes dans la proximité. »  Ensuite, une démarche honnête, non militante. On apporte les éléments pour comprendre, sans être moralisateur, ou polémique comme notre presse a pu l’être au siècle dernier. La moitié de nos titres a été fondée avant 1900, bien avant la télé, avant même la plupart des quotidiens. »

-Quel modèle économique aujourd’hui?
« Nos hebdos sont des entreprises à taille humaine, fondés dans des villes moyennes par des hommes de bonne volonté pour porter un territoire, valoriser les initiatives locales. S’il n’y avait pas d’héritier en mesure de prendre la relève, il a fallu envisager de se rapprocher de groupes comme Plubli hebdos.(SIPA-Ouest-France), menés par des gens qui croient à l’écrit. Confrontés à la gratuité, à la rupture des usages en matière de lecture, nombre d’hebdomadaires a dû s’ajuster. Mais tant qu’on racontera de bonnes histoires, qu’on fera une information honnête, humaine et soucieuse d’interactivité, on peut croire en l’avenir.

Recueilli par Paul Goupil