Jean-Michel Le Guennec et l'arrêt de l'édition France 3 Iroise : "Ne rien changer serait plus dangereux que ce que nous proposons"

En cette période de rentrée, le directeur de France 3 Bretagne s’explique dans la UNE sur l’édition Iroise qui va s’arrêter, même si la rédaction ne ferme pas – mais aussi sur les priorités de la chaîne régionale.

L’arrêt de l’édition Iroise (7 minutes diffusées le soir) au 1er janvier 2018 a fait réagir les salariés concernés et plusieurs élus. Pourquoi cette décision ?
– Parce que nous devons nous adapter à l’évolution technique. La TV est de moins en moins reçue par voie hertzienne, de plus en plus par satellite ou internet. La locale d’Iroise (7 minutes par jour) n’est diffusée qu’en TNT, ce qui veut dire que nous perdons mécaniquement des auditeurs. Notre idée, c’est que l’ensemble de la production finistérienne irrigue l’ensemble de l’édition de Bretagne. Les postes ne sont en rien menacés; les salariés contribueront à l’offre de France 3 Bretagne. Chaque jour, un journaliste de l’équipe travaillera pour le support numérique. Donc, pas de fermeture de rédaction, pas de menace sur les emplois, mais une volonté d’être efficace sur le territoire. Le problème est posé depuis des années, Ne rien changer serait plus dangereux que ce nous proposons. A côté de cela, nous avons refait les locaux de Brest et nous avons installé une deuxième équipe à Quimper.

Quels sont les axes principaux de votre rentrée?
– Nous élargissons nos créneaux régionaux. Bretagne matin, (à partir de 9h50) sera présent cinq jours, du lundi au vendredi, au lieu de quatre. Et nous avons réintroduit une édition régionale avant le journal du soir. Nous développons les journées à thème, comme celle dont Warren Barguil a été l’invité, avec la diffusion d’un documentaire sur lui, le soir. Yann Queffélec sera invité un peu plus tard. Enfin, nous voulons aller sur les territoires plus souvent. Le vendredi, Bretagne matin sera décentralisé; de même pour le rendez-vous cultures du vendredi soir. Sur des grands événements ou anniversaires, une fois par mois, nous serons aussi sur place. Ce sera le cas pour les 40 ans de l’Amoco cadiz (mars 1978) ou l’inauguration des Jacobins en janvier à Rennes.

Au-delà de ces rendez-vous, quelle va être votre orientation en Bretagne?
– Il faut qu’on voie davantage la Bretagne dans sa diversité, de villes, de pays, avec leurs enjeux différents. C’est avec empathie que nous voulons montrer les préoccupations, les talents qui émergent. Notre destin n’est plus lié à celui des Pays de Loire. Chacun devient autonome, avec des modules « Plein ouest », à l’occasion sur les thèmes qui justifient cette dimension. Mais nous sommes d’abord Bretons.

 

Une pétition pour maintenir l’édition Iroise

Une pétition circule sur change.org, pour faire « annuler cette décision non concertée avec les téléspectateurs et à maintenir la diffusion quotidienne de cette édition. » Au 18 septembre, la pétition a reçu plus de 4.500 signatures. Le texte poursuit:

« L’ édition « Iroise » joue un rôle à part entière dans la vie sociale, économique des Finistériens. Service public de proximité, ce journal informe le public, promeut les atouts d’un département situé « Au bout de la Terre », le dynamisme de ses entreprises, de ses collectivités, de ses écoles, de ses associations, … L’édition « Iroise » concourt à la continuité territoriale. »

Recueilli par Paul Goupil