La parole aux enseignants

Mercredi dernier, un hommage national a été rendu à Samuel Paty qui, selon les mots du président de la République, « aimait passionnément enseigner, transmettre la passion du savoir, le goût de la liberté ».
Le Club de la presse, impliqué dans l’Education aux médias, donne la parole à deux enseignantes reliées à notre réseau. Leurs témoignages révèlent les mêmes valeurs et le même engagement
: une professeure d’Histoire-Géographie au Lycée professionnel Ker Anna à Kervignac (Morbihan).

« Préserver la tolérance »

« Le débat ne porte pas sur la religion, mais plus largement sur les extrémismes. Samuel Paty a juste fait son travail de prof d’histoire géo. Il a suivi le référentiel défini par le ministère de l’Education Nationale et il a été assassiné.

Auparavant, il avait subi violence verbale et harcèlement. Un parent l’a attaqué sur internet, sans prendre la peine de le rencontrer pour échanger sur le problème posé. Ce parent, enfermé dans ses certitudes, a condamné d’emblée le professeur.

Notre rôle de professeur est de donner des repères aux jeunes notamment en éducation civique, de travailler à partir de l’actualité, de faire émerger les représentations des jeunes, les faire réfléchir sur les valeurs de la République.

L’Etat doit mettre en place des actions pour enrayer ces extrémismes. Plus encore, il doit agir pour que le dialogue entre cultures, l’échange et l’acceptation de l’autre, quelles que soient son origine, sa religion, sa couleur de peau, deviennent réalité. D’ailleurs, les hommes politiques doivent aussi être des exemples clairs de ces valeurs. Ne nous laissons pas mener par les amalgames. Il faut préserver la tolérance, le droit d’être musulman sans être traité de terroriste par exemple, d’être immigré sans subir insultes, menaces et autres violences. Restons humains ».

Propos recueilli par Charlotte Viart