Le Club engagé dans l’éducation aux médias : retour d’expériences

La semaine dernière a été, comme chaque année, celle de la presse et des médias à l’école. Organisée par le CLEMI, elle a pour objectif de promouvoir et d’expliquer le métier de journaliste aux élèves. C’est pour la même raison que depuis 2015, les journalistes du Club de la Presse réalisent des séances et des projets d’éducation aux médias. Mais pourquoi est-ce important ? Retour sur trois interventions du Club.

Intervention de Baptiste Blandet à la médiathèque de Saint-Malo, mardi 23 mars. Photo : Gérard Cazade

Lorsque les journalistes interviennent auprès d’élèves, notamment au sein des établissements scolaires, ils présentent leurs métiers et expliquent le cheminement du journaliste pour réaliser un article. Ainsi Manon Deniau au lycée de Pleyben (Finistère) : elle a raconté son parcours pour devenir journaliste. Baptiste Blandet, a lui aussi, expliqué aussi comment il est arrivé à écrire pour des journaux spécialisés dans l’économie. Les élèves, curieux, ont demandé à Manon si son métier était épanouissant et stressant. Écartant les fantasmes et une certaine idéalisation de son métier, elle a confié : « Nous avons des conditions de travail difficiles, c’est un métier dur ». Mais l’enjeu pour elle est surtout de les intéresser et de les ramener à l’information, qui est aujourd’hui « trop éloignée des jeunes ».

Médias et photo

Photo : Gérard Cazade

La Ville de Saint-Malo s’est engagée à sa façon dans cette semaine de la presse. La médiathèque La Grande Passerelle a ouvert ses portes à 10 classes, du CM2 à la Terminale, pour autant de séances d’éducation aux médias. L’exposition photo Report’Images y est également affichée, l’occasion pour les élèves de visiter l’exposition en même temps, et de faire d’une pierre deux coups : une séance sur le métier de la presse, puis l’exposition accompagnée du journaliste. C’est ce que fit Baptiste mardi après-midi, en animant une séance sur l’importance du cadrage, en lien direct avec l’exposition.

Liberté d’expression

Ce thème est demandé par plusieurs établissements, en relation avec l’actualité récente. Ces notions peuvent être délicates à aborder avec les plus jeunes. Ronan Strullu est intervenu sur ce thème dans un lycée à Vitré, ainsi que sur des questions sur l’assassinat de l’enseignant Samuel Patty, en novembre dernier. Il a donc expliqué ce qui s’est passé depuis les attentats de Charlie Hebdo, quel était le cadre légal et ce que veut dire le droit au blasphème. Il a montré l’une des caricatures qu’avait montrées le professeur et redit que, tout comme lui, chacun a le droit d’user de sa liberté d’expression.

Nouvelles façons de s’informer

Avec les réseaux sociaux, les nouvelles générations appréhendent autrement l’information. « Nous devons être moins hors-sol et plus proches d’eux », affirme Manon, « comprendre comment ils s’informent ». D’autant plus que la méfiance envers la presse ne fait qu’augmenter. Ce n’était pas la première fois que Baptiste entendait que les journalistes veulent « retourner le cerveau des gens ». Une phrase révélatrice de ce que rencontre la profession selon lui : « Il y a toujours des erreurs et une information imparfaite, ou qui ne plaît pas, ça augmente donc la méfiance ». Pour Ronan, nous devons aider les jeunes « à bien s’informer et à construire leur propre opinion pour devenir des citoyens éclairés ».