Le Drenche : le magazine qui pose les débats

Un mensuel gratuit, distribué dans les lieux étudiants, tiré à 140.000 exemplaires, dont 40.000 par Ouest-France, avec un drôle de nom: Le Drenche (DRoite, cENtre et gauCHE). C’était en 2016 le pari de Florent Guignard, co-fondateur du site et du magazine papier avec Antoine Dujardin – tous deux sont ingénieurs de formation. L’objectif du Drenche est clair : être le journal qui aide ses lecteurs à se faire une opinion éclairée sur des sujets qui font débat. « Nous cherchons à provoquer la réflexion, » résume Florent Guignard. Exemples: faut-il déboulonner Colbert ? Va -t-on assister à un exode urbain ? La bise va-t-elle survivre au coronavirus ?  Et aussi, dans la rubrique « Explique-moi » : l’impact de la pandémie sur l’environnement. Pour chaque question : le contexte factuel ; deux tribunes d’avis opposés, rédigées par deux personnes compétentes, légitimes. Les sujets sont proposés par un comité de rédaction largement ouvert aux lecteurs. Le Drenche, adepte du temps long, « sérieux, lent », veut échapper à la tendance selon laquelle nous ne lisons que ceux qui sont déjà d’accord avec nous. On n’est pas surpris que le magazine ait obtenu le label économie sociale et solidaire. Un partenariat a été noué avec l’émission de France Culture  Le temps du débat (18h20).

                   Ouest-France a élargi leur audience

« C’est un joli contre-pied que d’imaginer un magazine papier, à destination d’abord des étudiants », affirme Olivier Porte, directeur commercial et marketing d’Ouest-France, qui a accueilli pendant un an Le Drenche dans Off 7, son accélérateur de startups. Le grand journal apporte une extension d’audience (+40.000) en imprimant et en diffusant chaque mois le magazine dans 600 établissements du supérieur. L’objectif est d »acculturer » les étudiants aux productions Ouest-France. Car ces Drenche portent aussi le nom du journal. Caroline Tortelier, membre de la rédaction en chef, échange avec l’équipe du Drenche et valide leurs sujets. Olivier Porte joue son rôle de parrain : « Pas question d’étouffer Le Drenche, au contraire. Notre souhait, c’est qu’ils ne dépendent pas que de la publicité. L’abonnement est essentiel pour leur avenir ». Aujourd’hui près de 20% des revenus viennent des abonnés qui choisissent leur tarif. L’objectif est de doubler ce chiffre.