L’Ecole d’été « Mer et Journalisme » à Brest : les 28 participants se sont penchés sur la Planète océan

Co-organisée par l’Ecole Universitaire de Recherches ISblue, le Centre de Formation des Journalistes (CFJ), et l’institut France Québec Maritime (IFQM), la deuxième édition de l’école d’été « Mer et Journalisme » s’est tenue fin août à l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM), à Brest (Finistère). L’occasion pour les 28 participants de se pencher sur « l’océan : perturbations humaines et développement durable ». Et de prendre conscience de la nécessité de tout mettre en œuvre pour préserver notre mer nourricière.

Océan déréglé par les rejets plastiques, érosion côtière accentuée par le dérèglement climatique : les impacts négatifs de l’homme sur l’environnement marin sont de plus en plus importants. Et pourtant les ressources marines sont infinies, dans le domaine sanitaire avec les biotechnologies et dans celui de l’énergie. Tels sont les deux principaux enseignements de cette rencontre.

Organisée sur le campus de l’Université de Bretagne occidentale (UBO) par l’Ecole Universitaire de Recherches ISblue, le Centre de Formation des Journalistes (CFJ), et l’institut France Québec Maritime (IFQM), cette formation de haut vol a réuni pendant deux jours des scientifiques spécialistes du monde maritimes et quelque vingt-huit journalistes français (France 3, Ouest-France, Le Télégramme, Radio-évasion, Radio-U, Théragora…) et québecois (Radio Canada…).

Parrainée par Jean-Louis Etienne et Catherine Chabaud, cette formation visait à faire prendre conscience que « notre monde, interconnecté, est d’abord un monde maritime », explique le Pr. Paul Treguer, directeur de cette formation. Une nécessité à la veille de l’ouverture, le 1er janvier 2021, de la décennie de l’ONU sur les sciences de l’océan.

Les six conférences et les quatre ateliers ont permis aux « journalistes-étudiants » de comprendre que « la planète Terre, archipel de continents, était en réalité la planète Océan ». Et combien il était urgent de la préserver. « Sous la pression combinée de l’urgence climatique, des réactions pour la sauvegarde des écosystèmes, et des impacts de la pandémie de covid-19, des évolutions sociétales, technologiques et économiques majeures, qui semblaient utopiques il y a quelques années, se situent désormais dans le champ du possible, voire absolument nécessaires, à court terme », ajoute le Pr Paul Treguer.

Biodiversité marine encore méconnue

En introduction, Stefan Lalonde (CNRS-IUEM), a expliqué comment les archives sédimentaires montrent l’évolution de l’environnement inhospitalier de la planète Terre vers le milieu clément qu’a rencontré notre espèce Homo sapiens. Philippe Goulletquer (Ifremer) a ensuite démontré combien la biodiversité marine était riche et restait une véritable source de découverte notamment dans les domaines médical, paramédical, cosmétique, chimique et nutritionnel, puisque seuls 10 % en étaient aujourd’hui connus. Sans oublier la production d’énergies renouvelables avec la filière éolienne marine, notamment flottante, et les premières avancées des hydroliennes, comme l’ont présenté Yann-Hervé de Roeck (France énergies marines) et Antoine Rabain (Geckosphère).

Eric Foulquier (IUEM) a expliqué combien il était urgent de réduire la vitesse des transports pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, nécessaire d’ »écologiser » les activités maritimes et portuaires, et fondamental de développer la navigation vélique. De même, Ika Paul-Pont (IUEM), a rappelé que les plastiques avaient un impact excessivement négatif à l’échelle planétaire et en particulier sur l’écosystème marin avec l’altération de la chaîne trophique. A défaut, l’érosion côtière liée à la montée des eaux, comme l’ont expliqué Gonnéri Le Cozannet (BRGM Orléans), Catherine Meur-Férec (IUEM) et Alain Hénaff (IUEM) risquera de s’accélérer.

Les pdf des conférences de Stefan Lalonde (IUEM), de Philippe Goulletquer (Ifremer), d’Eric Foulquier (IUEM), d’Erika Paul-Pont (IUEM), d’Antoine Rabain (Geckosphere), et de Gonéri Le Cozanet (BRGM), ainsi que des éléments utilisés lors des ateliers sont disponibles via ce lien.

Le programme de l’école d’été, et la présentation détaillée des intervenants sur la page web.

Stéphane de Vendeuvre