Les Autres possibles, c’est déjà « la presse d’après »

Trois questions à Marie Le Douaran, Chargée de développement local du média Les Autres possibles

Lauréats du Prix de l’innovation du journalisme de solutions, décerné le 1er juillet 2021 par l’ONG Reporters d’espoirs, « Les Autres possibles » ont fait le pari d’une presse de proximité caractérisée par son indépendance et la rigueur de l’information. Marie Le Douaran s’en explique pour la UNE.

L’équipe des Autres possibles

Les Autres possibles sont nés en 2016 à l’initiative d’une petite équipe de journalistes portée par l’envie d’innover dans la presse de proximité. Comment s’articule le projet, cinq ans plus tard ?

– Le cœur du projet reste le magazine bimestriel qui défend une information de proximité, indépendante, un journalisme de solutions. Il a fait le choix de l’édition papier, de la rigueur de l’information combinée à une exigence esthétique. Son format original, celui d’une carte, est illustré par des artistes du territoire nantais, et il est diffusé dans 140 points de vente sur Nantes et sa métropole à un prix accessible (2€ le numéro). Il compte actuellement 3000 lecteurs réguliers.
Depuis 2018, nous montons des ateliers d’éducation aux médias, ce qui nous paraît essentiel pour défendre notre métier et contribuer à développer un esprit critique face aux infox, notamment chez les jeunes.
En 2019, nous nous sommes lancés dans l’édition avec la publication d’un guide pratique pour une consommation responsable. Il s’est vendu à 6000 exemplaires.
Enfin, nous créons d’autres contenus spécialisés, nous proposons des prestations de conseil éditorial, de création graphique, d’expositions, … Nous animons des tables rondes et organisons des temps d’échanges comme les apéros lecteurs ou des soirées, manifestations que nous comptons bien reprendre dès que la situation sanitaire le permettra.

Sur quelles ressources repose son modèle économique ?

– Dès le départ nous avons choisi de publier un magazine dont les ressources proviennent uniquement de ses lecteurs, et de rémunérer justement nos collaborateurs et collaboratrices. Nous bénéficions d’une subvention de la DRAC au titre du soutien à la presse de proximité, des aides liées à l’éducation aux médias, du produit de la vente du guide et de nos prestations. Mais, même si nous avons diversifié nos activités, l’équilibre n’est pas encore atteint, nous
sommes bien conscients que cela pourrait prendre encore du temps.

Quels sont les projets ?

– Comme nos collègues des médias, nous venons de vivre deux années mouvementées et nous avons hâte d’être à nouveau à même de développer des projets dans un contexte plus serein.
Nous envisageons deux pistes : relancer l’édition et prendre le virage numérique pour gagner de nouveaux lecteurs. Mais nous garderons notre édition papier, qui est vraiment l’ADN du projet.

Recueilli par Clotilde Chéron