Mer & Journalisme : Le réchauffement climatique au cœur de la quatrième édition


Coorganisée par l’École Universitaire de Recherche ISblue, l’École Supérieure de Journalisme de Lille (ESJL), le Club de la Presse de Bretagne (CPB), Océanopolis et l’Institut France Québec Maritime (IFQM), la quatrième Ecole d’été « Mer & Jounalisme » s’est tenue les 23 et 24 août à l’IUEM. Deux jours de formation pour comprendre les liens entre océans et climats.

Et de quatre ! Pour la quatrième année consécutive, l’Université de Bretagne occidentale (UBO) a réuni une vingtaine de journalistes et une palette de scientifiques de haut vol à Plouzanet. Pendant ces deux jours les professionnels de l’information et de la communication ont pu, sur place et en visioconférence, (re)découvrir combien le climat de la planète Terre est étroitement lié au au cycle du carbone où l’océan joue un rôle majeur.

Des rapports qui remontent à la nuit des temps -3 milliards d’années-comme l’a d’abord expliqué Stefan Lalonde (CNRS, Geo-Ocean) en présentant « les variations climatiques au cours des ères géologiques ». A partir de l’exemple du Massif armoricain, Martial Caroff (UBO) et Noémie Courant (Geopark Armorique les sciences de la Terre) ont, quant à eux, montré comment interviennent différents mécanismes (tectonique, volcanisme, évolution climatique) dans le « façonnement des paysages » qui peuvent successivement être marins puis terrestres.

Deux univers en interaction

Des rapports qui se traduisent par de réelles interactions entre ces deux univers. L’océan (actuel) régule ainsi la teneur en CO2 de l’atmosphère en créant des puits de gaz carbonique (CO2) par voies physique et biologique. Or la perturbation anthropique du cycle du carbone a été engendrée par l’homme en exploitant le carbone fossile (charbon et hydrocarbures). D’où l’intérêt de soustraire du gaz carbonique à l’atmosphère, « afin de tenter d’infléchir la tendance actuelle pour revenir aux perspectives décidées lors des accords de Paris (2015).

Comprendre les interactions entre l’océan et l’atmosphère est donc essentiel pour prévoir le changement climatique. C’est tout l’intérêt des campagnes océanographiques internationales., comme SWING qu’ont présenté Hélène Planquette (CNRS, LEMAR) Catherine Jeandel (CNRS, LEGOS), Stéphane Blain (Sorbonne Université), Fabien Perrault (CNRS, INSU), Christophe Cassou (CNRS, CERFACS) et François Réguerre (Genavir).

Vers un monde bas carbone ?

Ce deux journées de formation ont également été l’occasion aussi de mesurer, avec l’un des coauteurs du tome 3 du sixième rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), Franck Lecocq (AgroParisTech, CIRED), l’intérêt « de déployer les technologies dont on dispose pour réduire les émissions et de combiner des efforts technologiques avec des changements dans les infrastructures, dans les modes de production et de consommation ». En clair, de comprendre comment donner aux perdants une place dans un monde bas carbone.

Ces deux journées de formation ont également permis, avec Anne-Marie Tréguier (Isblue), Franck Lecocq ), Jean Jouzel (IPSL) et Christophe Cassou), de mieux cerner les raisons pour lesquelles les conclusions des rapports du GIEC ne passent que partiellement dans les COP. Ingrid Peuziat (UBO, LETG) a enfin livré quelques éléments de réflexion sur l’ avenir de la filière nautique à l’échelle mondiale dans le cadre d’un développement durable ».

Autant de conférences et autres tables rondes qui ont permis aux professionnels de l’information et de la communication de mieux comprendre le rôle des océans dans la lutte contre le réchauffement climatique et aux scientifiques d’apprendre à « travailler avec les journalistes pour faire passer des informations essentielles dans les médias.

Stéphane de Vendeuvre