« Nous avons dû revoir notre lien avec les lecteurs et auditeurs »

Trois responsables de médias locaux échangent au Club sur le choc de la crise

De gauche à droite : Sylvain Delfau, Aurélie Rousseau, Philippe Toulemonde et Céline Monsallier

Bel échange mardi 30 juin au Club et en visioconférence, à l’initiative de la commission Rencontres Experts, animé par Céline Monsallier. Trois représentants de médias de taille et de fonctionnement différents étaient présents : Philippe Toulemonde, directeur général d’Ouest-France, Aurélie Rousseau, directrice de TVR, et Sylvain Delfau, responsable de Radio Laser. 

Chacun, à sa façon, a décrit le choc économique et social, l’adaptation au télétravail, aux consignes sanitaires, mais aussi la mission d’informer qui s’imposait dans un contexte bousculé.

Retour sur ce moment inédit de la mi-mars où Emmanuel Macron annonce le confinement et les mesures sanitaires. Les rédactions y pensaient depuis plusieurs jours, avec cette double priorité : protéger les collaborateurs et interlocuteurs, continuer à informer. « Pas de place pour l’incertitude », résume Aurélie Rousseau. A Radio Laser, le statut associatif a suscité une attention particulière aux stagiaires et bénévoles.

L’information a revêtu de nouvelles formes: nouvelles rubriques (« Ouest-France vous répond », courrier des lecteurs développé, page enfants). A TVR, l’antenne s’est ouverte sans l’urgence habituelle, avec une écoute particulière sur les thèmes de la santé, du travail, des solidarités locales.

Les audiences ont augmenté, notamment sur le net : record battu en avril pour Ouest-FranceRadio Laser a proposé des podcasts pour les écoles. Les formats plus longs se sont développés, car « le digital, ce n’est pas que de l’instantané ». Sur le plan des recettes, le recul de la publicité (qui représente 25%) pèse notamment au niveau local. Au 30 juin, la perte pour le journal était de 15 millions. Pour TVR, l’effondrement de l’événementiel a été un choc notamment pour les intermittents mais le soutien des collectivités reste acquis. Des événements rennais sont déjà actés pour 2021.

Pour l’avenir, les trois responsables gardent le moral. « Des abonnements pour un service de qualité, on y croit », affirme Ph. Toulemonde qui met en avant les 130.000 abonnés numériques d’Ouest-France et annonce un projet de développement horizon 2027. Sylvain Ernault : « Notre plus-value, c’est l’animation, l’humain, autour de chez nous. On sait depuis un moment qu’on doit se réinventer. »

Le mot de la fin à la directrice de TVR : « S’en sortiront ceux qui sauront s’adapter. Notre partenariat avec l’Orchestre de Bretagne, nous ne l’aurions peut-être pas fait il y a six mois ».

Pour revoir et réécouter la rencontre :

Podcast
Vidéo

Propos recueillis par Paul Goupil