Parole à Médiacités et aux journalistes sportifs.

Benjamin Peyrel, rédacteur en chef de Médiacités Nantes

Benjamin Peyrel
« Nous avons d’abord ouvert un espace pour décrypter les informations »

Pour Mediacités, pure player consacré à l’investigation locale, le confinement a donné un coup d’arrêt au dispositif mis en place pour suivre les municipales dans les villes où il est installé : Nantes, Lille, Lyon et Toulouse. « Nous avons d’abord ouvert un espace pour décrypter les informations liées au Covid-19 et répondre aux questions liées à la vie quotidienne », explique Benjamin Peyrel, rédacteur en chef à Nantes.

« La Fabrique est une plateforme qui présente les coulisses de nos enquêtes mais recueille aussi les attentes de nos lecteurs sur l’après-crise. En lien avec Solution Journalism Network, nous réalisons des enquêtes sur les initiatives locales, en les analysant notamment pour savoir si ce sont des solutions duplicables pour le monde d’après.

Nous avons privilégié le télétravail, sauf pour quelques reportages que nos journalistes réalisent avec l’autorisation d’employeur. Média indépendant, nous avons l’énorme avantage de ne dépendre ni de la pub ni des subventions. Et le rythme des abonnements est bon ».

Les journalistes sportifs ont changé de braquet

Vincent Coté

Vincent Coté, chef des sports à Ouest-France (60 journalistes, un quart au siège, trois quarts dans les départements) : « A la mi-mars, lorsqu’il est apparu que des compétitions seraient annulées, on a choisi de regrouper nos pages départementales dans un espace Régions. Les journalistes, habitués à un calendrier et à un travail en mobilité, ont dû changer leur façon de travailler, avec beaucoup de réunions en visioconférence.

Trois types de contenus sont développés : le factuel, d’abord, exemple : que veut dire le report du Tour de France fin août ? Ensuite, comment les sportifs vivent-ils le confinement ? Enfin, un retour sur des événements ou des parcours qui ont marqué le sport, comme les victoires de Tiger Woods au golf, ou la carrière du basketteur Kobé Bryant. Nous lançons une série : « Quels sports demain ? » avec de grands témoins, économistes ou sociologues. Le lecteur attend aussi que nous éclairions l’évolution des sports.

Nous journalistes, sommes bousculés par ce moment de remise en question, avec des agendas tout à coup blancs. Il faut construire d’autres manières de faire, ce qui n’est pas évident pour tous. Certains ont eu un coup de mou ; d’autres se sont dit : c’est intéressant, il y a des sujets à inventer. Comme l’a dit le marathonien Hassan Chadhi, cette période oblige à réfléchir. Une satisfaction : Minuit Sport, notre rendez-vous 100% numérique, est téléchargé entre 6 et 8.000 fois par jour, dix fois plus qu’au départ en janvier. »