Presstalis : menaces sur les éditeurs indépendants et les marchands de journaux

Le tribunal de commerce de Paris a placé, le 15 mai dernier, Presstalis en redressement judiciaire et ordonné la liquidation immédiate de ses filiales, les SAD (les dépôts de presse). Avec comme conséquence probable, la suppression de 512 emplois.

« Plusieurs solutions ont été avancées avec la volonté de mettre en place une nouvelle organisation en adéquation avec les besoins de l’ensemble des éditeurs et de la filière, tout en préservant le plus grand nombre d’emplois possibles », a notamment précisé Cédric Dugardin, Pdg de Presstalis. « Aucune d’entre elles n’a recueilli le soutien unanime des actionnaires de Presstalis, en raison d’un écart important persistant dans les positions entre représentants de la presse quotidienne et ceux de la presse magazine ».

Un projet a été déposé le 12 mai par la coopérative des quotidiens. Il a reçu le soutien de la direction de Presstalis, mais doit encore faire l’objet de discussions dans les prochains jours afin d’être complété et pourrait être amélioré par la participation de certains éditeurs de magazines, comme les groupes Bayard et Bauer. Les prochaines semaines seront cruciales dans la mesure où ce projet n’est viable que si plusieurs groupes de magazines s’y associent. L’enjeu est vital pour la quasi-totalité des éditeurs indépendants (Society, le Un, We demain, etc), car leur survie dépend du sort réservé à leurs créances sur Presstalis.

De même, face à l’arrêt de l’activité des SAD, le nombre de dépôts sur le territoire diminuerait et les zones de distribution seraient réattribuées à des dépositaires indépendants ou des nouveaux entrants, qui privilégieraient la reprise des anciens salariés.

Près de 10.000 points de vente sur les 22.000 du territoire, sont concernés.