Radios locales bretonnes : leur utilité vérifiée sur le terrain

Pendant un an, sept des dix-huit radios locales et associatives de Bretagne, regroupées dans la coordination CORLAB, ont sondé leurs bénévoles, auditeurs.trices, et leurs partenaires. Avec cette question : quelle est l’utilité sociale de ces radios ?

Compte-rendu complet  : http://corlab.org

Au fil de la restitution, il apparaît que les radios transmettent une actualité complète et pratique. En moyenne, 15 heures d’info locale par semaine. Le fonctionnement des services locaux y est expliqué. Exemple : Radio Balises (56), il y a deux ans, avait consacré du temps au handicap à l’université. En moyenne, seize acteurs.trices du pays ont la parole chaque semaine. Le traitement alternatif de l’information et la volonté de favoriser la libre expression de tous et toutes sont reconnus.

La mémoire des paroles locales

Chaque radio archive en moyenne 25 émissions en podcast par semaine, soit 900 heures par an. Ainsi se constitue une mémoire des paroles locales. Eaux et Rivières de Bretagne indique que Radio Evasion lui a permis de constituer une ressource audio de facture professionnelle. 71% des auditeurs.trices se sentent rattachés à leurs territoires en écoutant les radios. 56% disent avoir l’impression de faire partie ainsi d’une communauté. Grâce aux partenariats et coopérations, des liens ont été créés avec 24 structures publiques en moyenne. Ainsi, Radio U avec l’Université de Bretagne occidentale, Radio Balises avec les habitants de Groix, Radio Evasion participe à l’Observatoire du dialogue social en Finistère, et la CORLAB qui coordonne les radios participe aux travaux du Conseil Culturel de Bretagne. Les radios répondent aux objectifs de politique publique pour la langue bretonne, notamment en offrant la possibilité d’entendre et de parler la langue de manière vivante. 5 radios proposent des émissions en langues minorisées (breton, gallo).
3 sont bilingues et 2 diffusent exclusivement en langue bretonne. Quant aux bénévoles, 92% affirment que la radio leur a permis de forger de nouvelles relations. 75% disent qu’ils se sont ouverts à de nouveaux savoirs et compétences.78% des auditeurs.trices affirment qu’ils ont pu entendre des voix, des communautés qui ont peu accès aux médias. 86% disent écouter ces radios parce qu’on y fait des découvertes musicales. Partenaire historique des Transmusicales de Rennes, Canal B illustre cette ouverture. De cette étude, ressort la nécessité de consolider ces espaces d’expression indépendants, participatifs, solidaires. Avec la singularité de leur programmation.