« Travail masqué » : la longue enquête des étudiants en journalisme de l’IEP de Rennes

Pendant trois mois, dix étudiants en journalisme de l’IEP de Rennes sont allés écouter des Bretons qui leur ont parlé de leur vie professionnelle chamboulée par la Covid. Il en est sorti six longs formats, une websérie et trois podcasts. Sur le site de France 3 Bretagne, partenaire de Sciences Po, un organigramme permet de découvrir chaque histoire, de Brest à Vannes, en passant par Roscoff et Saint-Malo. Thomas Rocher, l’un des deux rédacteurs en chef (avec Salomé Garganne) retrace cette riche expérience.

« Nous avons appris le travail en équipe, la répartition des tâches, avec aussi le son, le matériel, le graphisme, la recherche en amont, la grille de lecture que l’on a fait sauter, au contact du terrain », raconte Thomas. Car « le terrain, c’est le cœur du métier. Il faut vaincre l’appréhension, surtout lorsque vous êtes face à une auxiliaire de vie qui dit son vécu de 2020. Assurer des missions sans protection d’abord, sans reconnaissance ensuite, laisse des traces. Ces employés de Britanny Ferries qui attendent de pouvoir réembarquer, ou ce syndicaliste confronté à un plan social en télétravail, sont d’autres visages du travail bousculé. Les jeunes dont les perspectives d’embauche s’éloignent sont, bien sûr, représentés dans l’enquête où apparaît aussi la reconversion, la nouvelle vie de certains, à Belle-Ile notamment ». Cette immersion dans des sujets « sensibles » aura marqué les nouveaux journalistes « supervisés dans une grande autonomie » par Christophe Gimbert, Benjamin Keltz et Bertrand Gobin. Des parrains attentifs et stimulants.