Anne-Claire Lainé: "La Radio est une polyphonie, un univers en ébullition"

La 15e édition du festival Longueur d’ondes se tient, à Brest, du 30 janvier au 4 février. Sa coordinatrice nous livre les temps forts et les recoins d’une programmation qui donne à entendre les voix grandes et singulières des ondes, les bruissements et les sons forts du monde. D’entretiens au long cours en émissions en public, de spectacles radiophoniques en fictions sonores, de la musique au journalisme.

Comment s’est ancré le festival dédié à la radio et à l’écoute il y a 15 ans à Brest ?

– « Longueur d’ondes est né d’une envie de quatre passionnés (dont Laurent Le Gall, le président), fervents auditeurs de radio aux parcours issus des radios libres et du documentaire sonore. Ils souhaitaient partager, donner à entendre la diversité et la richesse des formes radiophoniques. Cela n’existait pas ailleurs. C’est un univers en ébullition constante, un média vivant, qui va du réel à la fiction. La radio se réinvente et se questionne sans cesse, accessible dans ses formes. Sa portée est grande, elle lie les peuples en situation d’urgence et déclive les frontières entre l’urbain et le rural.

Dès la naissance du festival, le soutien de France Culture, en particulier de Laure Adler, puis de France Inter, de l’INA et de Radio Nova, a conforté une dynamique qui nous permet d’accueillir aujourd’hui 150 invités en cinq jours et 130 propositions. Cette polyphonie est l’ADN du festival, c’est un lieu d’éveil auditif. L’implantation à Brest est liée aux fondateurs et le public est très curieux de culture ici. »

A qui s’adresse votre programmation? Quelle est la tonalité de l’édition 2018 ?

– « A tous ! Un public très divers, dès l’enfance, va évoluer dans la ville (7 lieux) comme dans un labyrinthe sonore, entre le Quartz et Les Capucins. Certains festivaliers passionnés de radio et professionnels des médias viennent de loin mais nous ciblons aussi depuis toujours les gens d’ici, les étudiants et les familles. Ils sont fidèles. Notre Web radio Oufipo mène un travail de fond à l’année auprès des scolaires et des publics éloignés de la culture.

Cette édition va nous ouvrir à des sphères multiples, de l’histoire aux expérimentations sonores les plus innovantes ! Notons un focus pour les 50 ans de l’Oreille en Coin, la chronique judiciaire, la musique en radio ; les émissions en direct d’Edouard Baer et Le Jeu des Mille euros ; les entretiens au long cours (Fabrice Drouelle,Augustin Trapenard) et les rencontres du documentaire et de la création radio. On sortira encore des sentiers battus avec des installations sonores singulières (Miroirs), de nouveaux spectacles radiophoniques (DJ set sur écoute), des éclairages pointus sur la radio en Allemagne et les migrants sur les ondes… »

Quels grands moments de radio avez-vous offerts aux festivaliers en 15 ans ?

– « On retient chacun les siens. Mais je citerai La Guerre des Mondes d’Orson Wells diffusé en direct sur France Culture pour notre 10 édition ; Hate Radio (spectacle dénonçant la propagande menée sur les ondes d’Etat durant le génocide du Rwanda) ; un hommage de Miossec au poète Georges Perros, un hommage à Kris (animatrice radio décédée).

Entre ces grands moments, les festivaliers ont certainement en tête des expériences sonores inédites, notamment dans la chambre noire et le salon d’écoute. »

Propos recueillis par Marguerite Castel

Programme du festival
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Pour les adhérents du Club de la Presse nous proposons d’organiser une « escapade radiophonique à Brest » avec covoiturage, hébergement chez les adhérents brestois*, tarif réduit pour accéder au festival et un apéro du Club le samedi soir avec un invité du festival.

Pour organiser ce week-end au mieux et si vous souhaitez bénéficier d’un pass à tarif réduit, merci de remplir ce formulaire, avant le mercredi 24 janvier 2018 nous reviendrons ensuite vers vous.