Delphine Bauer, pigiste et membre du collectif Youpress à l'initiative de la pétition "Nous ne voulons plus être les forçats de l'info"

Jeudi 16 mars sont sorties une tribune sur Acrimed ainsi qu’une pétition sur le site Change.org signées par plusieurs collectifs sur les conditions de travail de plus en plus difficiles pour les journalistes pigistes. A l’initiative de cette tribune, deux collectifs de pigistes: Youpress et La Fourmilière. Pour la Une du Club, Delphine Bauer, membre de Youpress et pigiste depuis 9 ans, explique cette initiative.

Pouvez-vous nous présenter le collectif dont vous faites partie, qui est à l’origine de cette tribune?
–  » Le collectif est composé de 9 journalistes qui ont tous choisi de travailler comme pigiste. J’avais l’impression que c’était un sujet qui était dans l’air du temps, en raison de conditions de travail de plus en plus difficiles pour eux. Suite à différents échanges au sein du collectif, je leur ai proposé de rédiger une tribune. J’ai ensuite contacté Hélène Bielak, membre du collectif la Fourmilière, qui était dans le même état d’esprit. Nous avons écrit le texte ensemble. On voulait montrer le parcours du combattant du pigiste du début à la fin avec une volonté de faire un texte clair pour que cela parle à tout le monde. Ce sont les membres du collectif La Fourmilière qui ont suggéré de compléter avec une pétition. Pour le choix du média qui publierait la tribune, nous avons rapidement demandé à Acrimed, site de critique des médias Il semblait le plus pertinent et neutre par rapport à notre propos. Une fois le texte rédigé, nous avons contacté d’autres collectifs pour qu’ils signent la tribune, tous ont répondu positivement sauf un.

Pourquoi avoir fait cette pétition/tribune?
– « J’ai pu constater autour de moi depuis plusieurs années la dégradation des conditions de travail des pigistes, que ce soit pour l’envoi des synopsis ou pour le bulletin de paie. Cette pétition n’a pas pour objectif de vouloir remettre en cause le monde de la presse mais d’indiquer aux pigistes qu’ils sont soutenus et pas seuls, et de mieux éclairer le grand public sur le monde de la presse. Cela permet d’humaniser une profession qui est mal connue et subi de nombreux préjugés. Cette tribune permet aussi d’avoir un axe de bonnes pratiques pour instaurer des relations plus saines avec les rédactions et permettra d’améliorer les conditions de travail pour tout le monde  …et faire un bon journal. »

Quels sont les premiers retours de la pétition ? Comment pensez-vous qu’elle va évoluer?
– « Nous avons plein de retours positifs, ce qui nous a confortés dans notre démarche. Mais il est encore trop tôt pour savoir comment va évoluer cette tribune. Tout est encore à construire.. Nous allons voir le relais qu’elle aura dans les médias. Le travail est à faire des deux côtés: auprès des pigistes pour qu’ils connaissent mieux leurs droits en sollicitant l’aide des structures qui existent déjà comme Profession : Pigiste, et aussi auprès des rédactions, car beaucoup nous proposent des solutions alternatives non légales. Il faut faire entendre ses droits sans se faire « griller » auprès d’une rédaction qui est aussi notre employeur. «