Trois questions à Franck Papazian, président-fondateur de MediaSchool

Franck Papazian est intervenu jeudi 3 octobre dans les locaux de MediaSchool Rennes, dans la cadre de la Rencontre Expert organisée par le Club de la Presse.

Votre groupe, spécialiste de la formation aux métiers de la communication, du digital et des médias, développe depuis peu un pôle presse professionnelle. Quelle est votre stratégie derrière cette diversification ?

Nous avons acquis le mensuel CB News en 2017, l’hebdomadaire Stratégies en 2018 et le Journal du Luxe au printemps dernier. Au-delà des publications, sur papier ou en ligne, ces titres représentent également une trentaine d’événements associés. Cet écosystème, fédérant des écoles, des médias et des événements est unique. Il bénéficie aux étudiants, qui sont ainsi entourés des recruteurs, gravitant eux-mêmes autour de nos médias. C’est un cercle très vertueux puisque lorsque l’étudiant sort de l’école, il devient lecteur de nos magazines, et peut-être aussi client des médias ou des événements.
Pour les médias, dont on connaît tous la fragilité des modèles économiques, le fait d’être adossé à un groupe d’enseignement à l’économie plus confortable, renforce la qualité et la pérennité des titres. Nos médias, s’ils sont auto-suffisants, n’en évoluent pas moins dans une économie fragile. Le fait d’être adossé à un groupe comme MediaSchool leur permet d’entrevoir l’avenir avec plus de sérénité et de pouvoir continuer à se développer.

Vos médias évoluent sur les mêmes secteurs que vos écoles. De quelles garanties d’indépendance éditoriale disposent vos rédactions ?

Traditionnellement, dans CB News comme dans Stratégies, on parle de toutes les écoles de communication, de publicité et de digital. Lors de ma toute première intervention publique suite au rachat de CB News, j’ai demandé aux rédactions de traiter les concurrents des écoles de MediaSchool de la même manière qu’elles traitent de MediaSchool. Je ne veux pas de changement dans la ligne éditoriale des médias nous appartenant par rapport à la période précédant leur rachat. Je tiens à ce que les rédactions conservent leur liberté éditoriale concernant le traitement du marché de l’éducation et de la formation en France. Et les journalistes des titres concernés peuvent témoigner que c’est le cas. En lisant nos publications, vous constatez que nous traitons de l’actualité des concurrents de nos écoles tout le temps. Ça ne peut pas fonctionner autrement, sinon on fera face à un désaveu et ça nous reviendra comme un boomerang.
Lorsque j’ai signé le rachat de Stratégies, je suis allé, pendant deux heures, « sur le grill », non seulement de la rédaction mais de tous les collaborateurs du magazine. Ils m’ont posé à peu près 200 questions auxquelles j’ai répondu devant tout le monde. J’ai donc été pris à témoin de la manière dont nous allions diriger Stratégies à l’avenir.

Vous avez annoncé en juin dernier préparer le lancement de HUSH, un média consacré au monde de la com’, destiné aux jeunes. Où en est ce projet ?

La première parution est prévue pour février 2020. Il s’agit d’un media 100 % digital centré sur la communication et les médias, sur un plan sociétal, créé pour les jeunes et par les jeunes. La rédaction est encadrée par une équipe de deux journalistes du groupe MediaSchool, qui sont également d’anciennes élèves de l’IEJ, Mélodie Moulin et Saskia Hatier. 
Contrairement à CB News ou à Stratégies, HUSH n’est pas destiné aux professionnels. C’est un média pour les jeunes ; nous avions la volonté de créer un média qui soit attractif pour eux. Afin de leur faire découvrir et aimer la communication, la pub ou encore la production.
C’est aussi un média fait par les jeunes, grâce aux groupes de béta-testeurs. Nous avons un shadow comex dont les membres sont en permanence interrogés sur les différentes étapes de la création du titre et votent sur leurs préférences. Ce sont également eux qui vont créer le contenu. Quant à moi, je n’interviens que pour m’assurer que ce processus est respecté et que les résultats des votes soient réellement pris en compte.
Le modèle économique est aussi très différent : gratuité, absence de publicité, pas de newsletter. Le media sera financé par des partenaires présents sous la forme de brand content à hauteur de 20 % des contenus. Les 80 % de contenu rédactionnel seront essentiellement constitués de video (reportages et interviews). HUSH bénéficiera d’un budget de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Propos recueillis par Solen Lefeuvre-Pauly, Armand Clavreul et Julien Meranthe, étudiants en 2e année à Supdeweb Rennes.