3 questions à … Nicolas Legendre

« Raconter l’histoire de la vodka, c’est raconter l’histoire de l’ex-URRS »

Nicolas LegendreIl ne reste plus que quelques jours à Nicolas Legendre, journaliste rennais, pour boucler son appel à souscription lui permettant de réaliser un grand reportage, long de trois mois, sur les routes de la vodka. Le trentenaire raconte son projet.

Nicolas, on vous connaît comme rédacteur en chef du Mensuel de Rennes. Vous avez pris quelques mois de disponibilité pour partir en reportage sur les routes de la Vodka. Pourquoi ?
Je travaille sur ce projet depuis environ un an. Je suis passionné par la Russie et l’ex-URSS. J’y ai voyagé à plusieurs reprises, avec parfois le sentiment d’être sur une autre planète… Ces pays sont à la fois proches de nous géographiquement et culturellement, notamment la Russie, et extrêmement lointains à différents points de vue… On peine à les comprendre tant qu’on n’y a pas passé du temps et qu’on n’a pas rencontré des gens sur place.
L’une des constantes de mes voyages, c’est la vodka. Je me suis souvent fait inviter à manger et à boire. En ville, à la campagne, dans des coins paumés de Sibérie ou d’Arménie… Ce n’est pas qu’un cliché : la vodka est un élément culturel et social majeur de la Russie et de l’ex-URSS. La façon dont elle est produite, vendue, diffusée, consommée, partagée, vilipendée aussi, voire bannie, dit beaucoup de choses sur les peuples en question. Elle a également été utilisée par les pouvoirs politiques dès les XIVe-XVe siècles. Raconter l’histoire de la vodka, c’est raconter l’histoire de l’ex-URRS. Je veux le faire de façon vivante et incarnée, à travers un récit de voyage. L’idée, c’est de cheminer, de faire des rencontres, de boire de la vodka, de parler de la vodka et, donc, de parler des gens et de leur histoire.

Vous avez lancé un appel à souscription. Quel intérêt ?
Il s’agit d’abord de financer une partie du périple. Je pars sans « sponsor » et, pour l’instant, sans éditeur, donc sans financements. C’est une initiative personnelle et non la réponse à une commande d’un média ou d’une maison d’édition. L’appel à suscription me paraissait le moyen le plus adapté pour résoudre la problématique financière. Cela me permet aussi de faire connaître le projet, de nouer des relations avec des connaisseurs du sujet, d’entrer en contact avec des gens qui connaissent des gens qui ont un cousin journaliste qui a un ami à Moscou… et de susciter l’intérêt de potentiels diffuseurs.

Quelle est la finalité de ce projet ?
L’objectif premier, c’est d’écrire un livre. Du texte, du texte et encore du texte ! Quelque chose à mi-chemin entre le récit de voyage et le grand reportage, le tout à la première personne, puisque c’est aussi une aventure personnelle… Je ne veux pas m’encombrer de dizaines d’outils numériques, afin de ne pas me disperser. Je n’envisage pas a priori de traitement vidéo, ni de webdoc. Mais je prendrai des photos. On peut imaginer, en plus du livre, des reportages plus courts destinés à la presse, mais aussi des expos et des conférences en prolongement. Cela dit, il faut avant tout partir et écrire ! C’est le côté à la fois excitant et « flippant » du projet : je sais ce que je cherche, mais absolument pas ce que je vais trouver. Il se peut très bien que mon angle évolue en cours de route, ou bien qu’il m’arrive telle ou telle galère…

Pour soutenir le projet : https://fr.ulule.com/lesroutesdelavodka/
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