Trois questions à Sébastien Grosmaître, rédacteur en chef délégué

Vaste chantier de réflexion et d’action à Ouest-France

Le premier quotidien français n’échappe pas à la nécessité qui s’impose à tous: se renouveler pour ne pas décliner. Après quatre mois de délibérations internes au sein des rédactions et services associés, trente-trois idées ont été retenues par la direction pour concrétisation. Sébastien Grosmaître, rédacteur en chef délégué, nous explique l’objectif de ce chantier.

Pourquoi ce grand débat à Ouest-France ?

– « Il y a un an, la direction et la rédaction en chef avaient présenté un plan de réorganisation des rédactions, lié à la nécessité de réaliser des économies. Ce projet suscita de fortes résistances : projet venu d’en haut, pédagogie insuffisante… On a alors tout remis tout à plat, avec l’objectif de créer une culture plus collaborative, avec des projets qui tiennent compte de la complexité de nos 58 rédactions, et de l’évolution des métiers liée au numérique. Le chantier s’est déroulé en trois temps: partage des connaissances sur les médias, les nouvelles générations, l’évolution du groupe Ouest-France… Puis lancement de 50 ateliers participatifs, tous métiers confondus, avec cette question : « Un journal encore indispensable demain ? » Les 470 idées émises ont été évaluées sur une plate-forme participative par 1 150 collaborateurs et par 130 personnes réunies en tables rondes. Chaque idée a eu une réponse, Louis Echelard, président du directoire, y tenait. Nous voulons créer au sein de l’entreprise une sorte de réseau social où l’on échange et confronte les idées. »

Des exemples d’idées fortes qui ont émergé ?

–  » J’en citerai quatre. La première est un engagement éditorial, soutenu par l’Association 1901 qui est à la tête du journal : l’environnement, pour lequel des contenus enrichis seront proposés. Ensuite, une plus juste représentation des femmes dans le journal (paroles d’experts, témoignages, photos). Les ateliers ont enrichi le travail déjà mené sur ce sujet par un groupe de consœurs et confrères. En troisième lieu, comment donner la parole aux sans-voix ? Comment combler les trous de notre couverture dans les quartiers ou les territoires ruraux ? Enfin, développer la culture de l’enquête dans nos rédactions, pas seulement dans les pages générales. Avec cette question: comment libérer du temps ? Ont également été retenus: la refonte de nos éditions, la création d’un magazine numérique sur le sport, et un réexamen des missions des correspondants et contributeurs. L’ergonomie du site va aussi être revue. »

Etes-vous optimiste ?

–  » Oui, Ouest-France a pris la mesure des enjeux et nous avons un projet, travaillé collectivement et porté par la direction. Attention à ne pas décevoir ! Des jeunes frappent à notre porte. Nous sommes attendus au virage de la traduction concrète. »

Recueilli par Paul Goupil