Trois questions à Serge Steyer, directeur général : « La vocation de KuB est de démocratiser la culture et ses pratiques »

Equipe de KUB

Plateforme en accès libre, KuB diffuse chaque semaine une sélection d’œuvres numériques enrichies de textes qui les mettent en perspective, ainsi que des vidéos exclusives réalisées en co-édition avec des acteurs culturels du territoire. La crise sanitaire a-t-elle fait bouger les lignes ?

– La fréquentation de la culture en ligne a explosé (nous avons enregistré 200 000 clics en janvier). La crise a mis en avant une plus grande complémentarité entre notre démarche et le soutien aux festivals partenaires, comme Pêcheurs du monde, Forum Visages et le Festival national du film d’animation. Quelle que soit l’évolution de la situation sanitaire, ils continueront ces versions en ligne. C’est pour eux un moyen d’augmenter leur audience en attirant des publics éloignés du monde de la culture ou de favoriser de nouvelles utilisations de leurs productions, par exemple en milieu scolaire.

Un modèle économique qui ne repose que sur des financements publics, est-ce une fragilité ?

– Quel que soit le financement, les médias en ligne sont toujours fragiles. Leur pérennité dépend d’abord de la qualité de leur offre. Ce n’est pas plus facile pour les plateformes payantes qui se font une concurrence féroce.
KuB est un projet d’initiative locale, né en Bretagne avec des acteurs locaux, et soutenu par la DRAC et la Région. Dès l’origine, il a eu une dimension de service public, donc c’était cohérent d’envisager un accès gratuit, en s’appuyant sur des financements publics.
C’était sans doute aussi le seul modèle envisageable pour capter un public que l’on sait très émietté. Tous les acteurs culturels ont à y gagner car c’est un moyen puissant d’étendre leurs publics.

Quels sont les nouveaux projets de la plate-forme ?

– Nous venons d’inaugurer le premier long métrage de fiction « Qui vive« , tourné en Bretagne et financé en partie par la Région. Nous avons obtenu du distributeur un accord de diffusion sur six mois et en une semaine, le visionnage du film a multiplié par dix notre audience. Il nous faut toujours une offre saillante pour attirer la presse. Cela a été le cas avec la mise en ligne du « Grand bal« , documentaire sélectionné à Cannes. Ces locomotives culturelles nous permettent de développer notre visibilité et notre audience.