Université Mer et Journalisme : une troisième édition internationale

Trois questions à Paul Treguer

Paul Tréguer. Crédit photo : Le Télégramme

Professeur à l’Université de Bretagne occidentale (UBO), Paul Treguer est co-fondateur de l’école d’été « Mer et journalisme ». A l’occasion de la troisième édition de cette formation, dont le Club de la Presse de Bretagne est
partenaire, il revient sur les thématiques qui seront abordées à Plouzané, dans le Finistère, et en visio-conférence au Québec et en Afrique.

Pourquoi avoir voulu créer cette formation ?

– La demande est venue des journalistes eux-mêmes qui, face à la complexité du domaine maritime, nous ont incités à imaginer un cursus portant à la fois sur les domaines scientifiques, sociologiques, géographiques mais aussi sur le droit ou encore l’économie. Avec Pauline Letortue, maître de conférences à l’Université de Bretagne occidentale (UBO), nous avons souhaité que les thématiques abordées pendant ces deux journées de formation soient très variées afin de permettre aux journalistes généralistes, comme aux spécialistes de la mer, de pouvoir aborder les sciences marines dans leur diversité.

C’est une initiative unique au niveau national qui nous a incité à nous rapprocher de partenaires comme l’ESJ, le Club de la Presse de Bretagne, The Conversation ou encore Radio Canada, pour nous aider à aborder de manière didactique une thématique complexe telle que « De l’océan des extrêmes et des crises au développement durable ». Nous invitons, chaque année, un intervenant qui décontextualise les problématiques marines. Cette fois, nous avons convié Franck Selsis du laboratoire d’Astrophysique de l’université de Bordeaux pour réfléchir à l’éventuelle existence d’océans sur d’autres planètes.

Quelles seront les particularités de cette troisième édition ?

– Nous avons tenu compte des avis émis par les participants aux éditions de 2019 et 2020. Et cela s’est traduit par la création d’ateliers interactifs qui, à partir d’un corpus de documents partagés sur la plateforme Klaxoon, viendront illustrer certains points abordés lors des séances plénières . Dans le cadre de la thématique générale du développement durable, qui est au coeur des travaux de l’école de recherche universitaire ISblue, nous avons souhaité étudier les situations extrêmes des océans et ce que nous apprennent ces situations de crise. J’insiste sur le fait que ces thématiques ont été elles-mêmes réclamées par les journalistes qui souhaitaient mieux comprendre l’évolution de la vie dans les océans.

La première journée, nous aborderons ainsi « les milieux anoxiques en raison des actions humaines » (zones mortes) avec Karine Alain qui est microbiologiste, chargée de Recherche au CNRS, au laboratoire de microbiologie des environnements extrêmes (LM2E) ; puis les océans polaires en se concentrant sur l’Antarctique avec Brivaela Moriceau qui est Biogéochimiste, chargée de recherche au CNRS, au laboratoire des sciences de l’environnement marin (LEMAR). Le lendemain, nous traiterons de la mer et des migrations humaines avec María José Fernandez Vicente qui est maître de conférences d’espagnol à l’UFR Lettres et Sciences Sociales à l’UBO ; avant de nous intéresser à l’approche écosystémique des pêches avec François Le Loc’h qui est chercheur en écologie trophique et directeur de recherche (IRD) au LEMAR.

Comment envisagez-vous d’internationaliser l’université d’été « Mer et Journalisme » ?

– Grâce à la technologie Klaxoon et avec nos partenaires l’Institut France-Québec de la Mer et Radio-Canada, nous pourrons proposer une formation hybride et ainsi ouvrir, les 24 et 25 août , la troisième édition de l’université d’été Mer et Journalisme à des journalistes francophones basés au Québec et en Afrique. Cette organisation nous permet de proposer, pour la première fois, deux tarifs : l’un présentiel et l’autre à distance.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 juillet en cliquant sur ce lien : Mer et Journalisme 2021 – Sciencesconf.org

Recueilli par Stéphane de Vendeuvre