Yegg magazine: du point de vue des femmes

Marine Combe, rédactrice en chef, et Célian Ramis, photographe du magazine
Marine Combe, rédactrice en chef, et Célian Ramis, photographe du magazine

Marine Combe a 28 ans. Grenobloise d’origine, Rennaise depuis cinq ans, ancienne du CFPJ
(Centre de formation et de perfectionnement des journalistes), elle est la rédactrice en chef de Yegg Magazine, mensuel féminin créé en 2012 et adossé depuis 2014 à un site internet. Elle explique la démarche de ce magazine qui traite l’actualité rennaise du point de vue des femmes.

 » Au départ, nous étions trois femmes et un photographe, Celian Ramis, qui codirige avec moi désormais le magazine. Nous voulions traiter l’information différemment. Après un an de test, nous nous sommes centrés sur l’actualité rennaise en conjuguant les sujets généralistes et féminins. Notre idée,  c’est de questionner les normes, d’un point de vue féministe. Tous nos experts sont des femmes. Une étude de 2011 a montré que l’ensemble des medias ne sollicite que 18% de femmes comme experts. Bien sûr, les projets menés par des hommes nous intéressent aussi… »Yegg donne la parole à des femmes qui créent, animent, développent des compétences et des savoir-faire. Nous avons été les premiers à présenter Anna Le Reun, modéliste et costumière. Notre dossier sur les femmes homosexuelles -est-on le quatrième sexe quand on est lesbiennes ?- a fait l’objet d’un traitement proche, ensuite, dans Causette.   » Nous, journalistes, nous avons aussi nos oeillères. Même quand on parle des femmes, faut-il se cantonner aux Blanches, valides, bien insérées ? Pour un dossier sur les femmes handicapées,  j’ai interrogé une chirurgienne plasticienne, une relookeuse, une psycho-sociologue. Car il faut expliquer les démarches, les enjeux d’une opération. Nous avons le double souci d’informer avec le souci de rendre service -un article doit toujours apprendre quelque chose- et de séduire par le graphisme, le visuel.
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« Nous nous intéressons aussi à des créatrices, comme Morgane Letourneux, et nous allons participer en mai à un forum sur les femmes qui lancent des start-up. La culture nous attire un peu plus, mais pas seulement ce qui se passe aux Champs libres ou au TNB. La Parcheminerie
et le Carré Sévigné, animé par Carole Lardoux, retiennent notre attention. Car il faut aussi montrer des compagnies moins visibles, comme les deux  femmes de KF, que l’on a pu voir à Mythos. Il se passe des choses dans les quartiers: nous avons présenté les boxeuses de Villejean, ou le travail qu’a fait Christine Barbedet avec les femmes du Blosne « Notre financement provient des adhésions à l’association, d’une subvention de la Délégation aux droits de la femme, de l’aide de la ville de Rennes. Adapter le magazine aux tablettes et smartphones nous a permis d’avoir une aide de la préfecture. »

Propos recueillis par Paul Goupil