Aurélie Rousseau, directrice de TVR , présente sa
rentrée au club
Audiences, modèle économique, réseaux sociaux, intelligence artificielle... La directrice générale de TV Rennes Aurélie Rousseau a fait le point sur les grands enjeux pour la télé locale vendredi dernier au club.
Quelles sont les nouveautés et les grandes orientations de cette rentrée ?
Je n'ai pas envie de vous parler de la grille de rentrée télé, mais plutôt de notre travail multi plate-formes. Nous mettons toute notre énergie à aller chercher des publics plus jeunes, différents, sur les supports digitaux. Avec beaucoup de succès : en juin, par exemple, on a atteint les 18 millions de vidéos vues. La télé reste un vecteur de diffusion, mais parmi d'autres. Mais, s'il y a eu un transfert de l'audience sur le digital, le modèle économique reste télévisuel. On mène également un travail de développement du chiffre d'affaires sur la diversification d'offre de création de contenus : spots de pubs, publi-reportages, couverture d'événements, location de notre studio, media training...
Pouvez-vous en dire plus sur le succès du rendez-vous musette de 14h ?
A la télévision, on garde cette offre originale dans le paysage audiovisuel : l'accordéon musette, pour les gens très âgés. C'est un carton d'audience. On fait de la captation de chansons. C'est tourné à TVR, sur Moselle TV ou Vosges télé, puis diffusés de manière mutualisée sur l'ensemble des télévisions locales. Cela les porte vraiment. Ca montre qu'on est capable de bosser pour ces publics très âgés et, en même temps, d'aller chercher les plus jeunes sur Instagram ou Tiktok.
Comment appréhendez-vous l'intelligence artificielle ?
Sur les usages, on est plutôt sur une utilisation très technique. Tous les logiciels qu'on utilise dans notre filière intègrent de l'IA, on a appris à travailler avec. On utilise aussi les IA génératives, pour faire des bandes-annonces, des montages... Ca nous fait gagner en productivité. On est très soucieux d'être transparents : à chaque fois qu'on l'utilise, c'est signalé.
Sur la partie droits d'auteur, il n'y a toujours pas d'accord entre les médias audiovisuels et les IA. C'est une menace. On l'a vu cet été avec l'arrivée de Google overviews : on sait qu'on va être une source visitée, retranscrite, mais ça ne va pas ramener les gens vers nos supports. Ils ne vont même pas savoir que l'info est tirée de TVR. C'est une catastrophe pour nous.
Vous êtes également coprésidente de la fédération nationale des télévisions locales, locales.tv. Quels sont les enjeux auxquelles elles sont confrontées ?
Il y a toutes les revendications autour de l'intégration de l'audiovisuel dans les droits voisins, qui ont été négociés par la presse. On ne tire pas de revenus de la disponibilité de nos contenus sur les plate-formes et les réseaux sociaux, c'est un vrai problème. Il y a aussi des revendications beaucoup plus spécifiques à notre secteur : par exemple, la reconnaissance comme service d'intérêt général, qui obligerait notamment les plate-formes à nous donner de la visibilité sur leurs supports. Les grandes chaînes nationales de la TNT sont déjà reconnues, on revendique que les télévisions locales le soient également.
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