Journalistes pigistes : des doubles-vies parfois précaires
Ces journalistes pigistes qui cumulent plusieurs métiers
Journaliste rémunéré à la pige et comédienne, caissier, serveur, maraîchère ou adjoint administratif, nombreux sont celles et ceux qui cumulent leur emploi dans la presse et un second métier, parfois très éloigné du premier.
C’est par exemple le cas de Robin. Installé à Lannion depuis quelques années, il y est à la fois journaliste et marin-pêcheur. À sa sortie d’école, il travaille à la pige pendant deux ans, sans jamais en faire son unique activité. Avant de s’embarquer sur des bateaux, il a vadrouillé au Nunavut (territoire du Nord canadien), fait quelques saisons de vendanges et un certain nombre de missions d’intérim pour compléter ses revenus. « Quand je travaillais à l’usine ou en assurant des livraisons, je me disais que je me formais tout autant au journalisme qu’à la fac ou à l’école, » explique le jeune homme. Alors qu’il questionne continuellement le sens qu’il donne à son métier de journaliste, il effectue une formation de matelot à Paimpol, puis enchaîne sur ses premières marées. Aujourd’hui, il partage son temps entre la bannette des bateaux et son bureau et pense bien continuer sur sa lancée.
Journaliste pigiste et fin du mois
Si elle peut paraître attrayante, cette double-vie professionnelle est pourtant la conséquence des contraintes économiques très fortes qui pèsent sur les journalistes pigistes. Pour Robin, « l’avantage du boulot de matelot, c’est d’être sûr de trouver très vite du travail. En quelques messages sur Facebook, il est possible d’embarquer deux jours plus tard. » Le travail est bien payé : en fonction du type de pêche, les membres de l’équipage peuvent toucher dès leurs débuts plusieurs milliers d’euros par mois.
« Au contraire, le travail de journaliste à la pige demande du temps de démarchage, de pitcher ses idées », et il est rare « d’être payé à la fin du mois, » explique le journaliste, qui évoque, comme de nombreux autres, des difficultés à rassembler l’équivalent d’un Smic mensuel. « C’est à la fois positif, parce que ça me plaît de faire ces deux métiers… Mais dans un sens, pour faire le métier dont je rêve, il me faut obligatoirement en exercer un autre à côté. »
Comme lui, de 13 % des journalistes rémunérés à la pige, bien que salariés des médias qui les emploient, cumulent un, voire plusieurs autres emplois [en 2022, selon une étude de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels]. Une conséquence de la précarisation du métier, pouvant aller jusqu’à « des situations de véritable précarité sociale », alors que les journalistes pigistes sont indispensables aux rédactions et aux publications de presse : en 2023, selon la CCIJP, 8 770 journalistes professionnels étaient salariés à la pige ou en CDD, soit 25 % des journalistes actifs. Mais force est de constater que « faire du journalisme sur le temps long, mener des enquêtes, passer du temps à parler avec des gens dans des mondes éloignés… […] À la pige, ça ne fonctionne pas vraiment », selon Robin.
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