Pillés, les éditeurs d’information ripostent
Faux sites générés par IA ou piratage d’éditions numériques, l’Alliance de la presse d’information passe à l’offensive et propose aux éditeurs des actions collectives, techniques comme judiciaires. Elle les présentait à Nantes, au Festival de l’info locale, les 24 et 25 septembre.
« Le piratage des informations existait du temps de la presse papier. Ce phénomène a été accéléré par le numérique. Il a explosé avec l’IA », constate Florent Rimbert, de l’Alliance de la presse d’information générale, en guise d’introduction. La salle est remplie d’éditeurs de presse de toute la France venus découvrir « la contre-attaque » portée par l’Alliance.
Le syndicat des éditeurs de presse a lancé une offensive juridique contre Bookiz. Cette plateforme collecte sans autorisation les versions pdf des journaux pour les proposer sous forme d’une liste de 51 000 liens, offrant une information « gratuite » sur de discrètes messageries. Chaque téléchargement rapporte à la Bookiz un pourcentage de la publicité.
Autre action, un dispositif développé par l’Arcom contre les sites miroir, qui casse les liens vers les pdf hébergés sur des serveurs hors UE (avec lesquels n’existent pas d’accord de coopération juridique).
En prévention, les membres de l’Alliance partagent avec les éditeurs une série de bonnes pratiques : marquer les fichier, restreindre ou supprimer les téléchargements pdf, renforcer le paiement dès la prise d’abonnement, renforcer la sécurité des liseuses… En attendant le temps où les pratiques de lecture des jeunes générations ne passeront plus par le feuilletage de pdf.
Deuxième catégorie de piratage, les sites de faux médias alimentés à l’IA, remarqués par les journalistes localiers eux-mêmes, découvrant des articles à leur signature dont ils ne sont pas les auteurs. « Là, les éditeurs des contenus originaux peuvent s’appuyer sur le droit des marques et le piratage des noms des journalistes pour attaquer le « parasitisme » devant les tribunaux », annonce Samir Ouachtati, directeur juridique du groupe Sipa (Ouest-France), co-animateur de la conférence. Tout en constatant tout de même que « la presse découvre le sujet de la propriété intellectuelle depuis 10 ans seulement » quand l’industrie culturelle s’est doté de longue date d’outils et d’organes protecteurs, comme la Sacem (droit d’auteurs musicaux).
Plus tard, deux employées Google news initiative sont venues présenter les outils « sources préférées » et « association d’abonnement » pour les contenus d’information remontés sur le célèbre moteur de recherche. Elles n’ont pas reçu l’assentiment d’éditeurs de presse, prompts à annoncer une perte de 30% de fréquentation de leurs sites d’actualités depuis la mise en place de l’IA ce printemps. Pourtant, affirment-elles, « Google n’a pas vocation à priver les éditeurs de renvoi vers leurs contenus »
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